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Définition

Le syndrome des jambes sans repos autrefois appelé « impatiences » est défini par des sensations désagréables au niveau des jambes, un besoin impérieux de bouger, une prédominance des signes le soir, la nuit ou lors du repos et un soulagement par le mouvement. Malgré son expression prédominante au niveau des jambes, le SJSR est une maladie neurologique associée à des déficits en neurotransmetteurs cérébraux.

Le trouble est fréquent. En France, une étude a récemment montré qu’environ 8 % de la population est concernée par le syndrome. La sévérité des signes est variable : de légère à très sévère. Les formes très sévères représentent 20 % des cas, soit 1 % de la population générale.
La première observation du SJSR a été rapportée en 1672 par un médecin anglais, Thomas Willis. Mais ce n’est qu’en 1945 qu’une étude réalisée par le docteur Karl Axel Ekbom, en Suède, a permis de le décrire avec précision. Le SJSR est d’ailleurs parfois aussi appelé syndrome d’Ekbom.
La véritable évolution dans la prise en charge est pourtant récente avec plusieurs études qui ont contribué à mieux connaître le syndrome des jambes sans repos (population touchée, mécanisme neurologique...) et permis de proposer un traitement.

Le SJSR, une maladie neurologique
Le syndrome des jambes sans repos est une maladie d’origine neurologique – contrairement à ce que l’on croyait voici un siècle, lorsque l’étude de ce syndrome a commencé. En effet, comme les signes prédominaient au niveau des jambes, les médecins pensaient alors à un trouble d’origine artérielle, veineuse des membres inférieurs ou à une atteinte des nerfs périphériques des jambes, concernant la sensibilité.
En fait, un déficit partiel en dopamine cérébrale a été mis en évidence dans la plupart des études. Ce neuromédiateur assure la communication entre les neurones dits dopaminergiques. La plupart de la dopamine (environ 80 %) est retrouvée dans deux structures du cerveau, appelées locus niger (ou substance noire) et striatum. Du locus niger part un faisceau de neurones (dopaminergiques) qui sécrètent la dopamine dans le striatum. Cette dopamine assure la transmission des influx nerveux le long de cette voie, qui joue un rôle important dans le contrôle de la motricité dite automatique. Il s’agit de mouvements (parfois complexes) effectués sans y penser comme la marche, faire des gestes en parlant, enfiler un manteau, se lever d’une chaise, etc.
La dopamine n’est pas la seule anomalie observée au cours des syndromes des jambes sans repos : il existe également une perturbation du système opioïde et chez certains patients un déficit en fer dans le système nerveux central.
Aucun lien n’a été démontré entre ces trois anomalies, il est probable que dans l’avenir le SJSR sera classifié en sous-groupes et sa physiopathologie mieux connue.

Les différents types du SJSR
Le syndrome des jambes sans repos est dans la plupart des cas idiopathique, c’est-à-dire jusqu’à maintenant sans cause précise reconnue. Dans cette forme idiopathique, il existe deux types de SJSR caractérisés en fonction de l’âge auquel apparaissent les manifestations. La forme précoce débute avant l’âge de 50 à 60 ans et la forme tardive débute après l’âge de 50 à 60 ans. Ces deux formes ont des caractéristiques qui différent un peu.
Certaines maladies favorisent l’apparition d’un SJSR. Il est alors question de forme secondaire de SJSR ; secondaire signifiant que le SJSR est la conséquence d’une autre maladie. Ainsi, le SJSR est plus fréquent chez les personnes diabétiques, chez les sujets atteints d’insuffisance rénale sévère, chez les personnes ayant des problèmes thyroïdiens ou souffrant d’une polyarthrite rhumatoïde (maladie liée à un trouble de l’immunité qui concerne les articulations). Le SJSR peut également être associé à des anomalies sanguines impliquant le fer.
Le SJSR pourrait également être secondaire à la prise de certains médicaments.
Enfin, la grossesse est une cause fréquente d’apparition ou d’accentuation du SJSR.

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