La sexualité est un sujet à part encore et toujours. Devant un problème, il y a deux façon d’envisager la prise en charge du point de vue du médecin : par la quête d’une information individuelle, ce qui dans la majorité des cas peut suffire ; par l’échange avec le professionnel de santé lorsque l’information reçue ne suffit pas. Encore faut-il dans ce cas comprendre à qui parler.
L’information, claire, précise et personnelle
Il est pour un médecin une seconde nature d’apprendre ; il a fait ses études parce qu’il est curieux. En ce sens il lui paraitra toujours naturel que cette attitude soit partagée par son interlocuteur : se poser des questions sur son corps et sur sa sexualité est normal et sain. Cela va apporter des clefs de compréhension, et dans bon nombre de cas la solution passera par l’information, sans besoin d’aller plus loin. Dans les autres cas, cette première étape va conforter le besoin d’échange médical plus abouti. Nous avons reconstitué des dialogues intérieurs motivant d’en savoir plus.
Des situations variées qui illustrent que cela peut concerner tout le monde et à tous les âges :
– J’ai 15 ans, je suis un garçon : ” J'aimerais bien avoir un médecin, comme les filles leur gyneco, pour poser des questions sur mon corps ; les copains, c’est pas top sinon pour faire les grosses blagues ”
– J’ai 18 ans, je suis une fille : “J’ai un copain, je n’ose pas mais j’ai aussi très envie ! En fait il faut que je mette un peu d’ordre et j’en parlerais bien à mon gynéco ; pour ne pas sembler idiote, avant de lui parler je dois essayer de comprendre un peu mieux ”
– Je suis une femme de 40 ans, on me dit que je subis une discrimination sexuelle : “Je ne sais pas quoi faire et dire à qui, je suis un peu désespérée mais ça je ne l’avouerai jamais ! Est-ce que c’est moi qui ne suis pas normale ?“-
– J’ai 72 ans, je suis ce que l’on appelle un sénior : "Tout le monde va se moquer de moi, en premier lieu ma femme si je dis que j’ai envie de prendre du Viagra, si j’ai envie de faire l’amour ! J’aurais besoin d’en parler mais j’ai ma pudeur et mon généraliste je le connais depuis 35 ans il va aussi rigoler, donc si je pouvais déjà en savoir plus moi-même...”
– J’ai 25 ans et toujours quête d’identité sexuelle : “Alors moi, ça n’avance pas vite dans ma tête : homo ou hétéro ? J’ai besoin de me retrouver”
– En couple, 33 et 32 ans, un enfant Julien 4 ans : “Nous sommes visiblement le couple classique, hétérosexuel, réputé sans problème ; enfin presque parce que si on pouvait nous expliquer les érections de notre Julien dans le bain, ce serait bien !”
La prise en charge par un professionnel de santé.
L’information vous l’avez. Et il semble, selon ce que vous savez, que le médecin spécialiste sera utile. Oui, mais lequel... Lorsque vous vous posez des questions plus précises sur votre sexualité, devant des difficultés d’ordre sexuel, personnelles ou avec votre partenaire, il est souvent difficile de trouver un interlocuteur compétent et en qui vous aurez confiance.
Le plus simple est d’en parler à votre médecin traitant si vous êtes à l’aise avec lui. Il ne s’agit pas forcément de lui raconter vos problèmes, mais, de lui demander de vous orienter vers un spécialiste. Votre médecin possède certainement l’adresse d’un sexologue à qui il a déjà envoyé d’autres patients et qui a sa confiance.
Si vous ne souhaitez pas en parler à votre médecin traitant, vous pouvez poser vos questions à votre gynécologue ou votre urologue.
Si vous n’avez pas cette possibilité ou désirez rester anonyme, vous pouvez vous informer auprès d’associations reconnues. Certaines, comme l’Aihus (Association inter-hospitalo universitaire de sexologie) ou le SNMS (Syndicat national des médecins sexologues) proposent sur leur site des annuaires avec les noms et coordonnées de leurs membres sexologues diplômés.
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Extrait de l’ouvrage Sexualité, guide à l’usage des femmes et des hommes, Éditions médicales Bash.
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Attention, cet ouvrage est inédit ! La rencontre de 4 experts reconnus de la sexualité : gynécologue, sexologue, psychiatre et urologue-andrologue. Cet exercice commun d’information constitue une première à destination de ceux qui cherchent à mieux comprendre et vivre leur sexualité.
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