Jeudi 21 janvier 2010

Oméga-3, un léger bénéfice pour l’insuffisant cardiaque

Paris (ZeMedical) – L’engouement pour les “bonnes graisses” dont les oméga-3 ne se déjuge pas. L’étude du bénéfice des oméga-3 concerne aussi bien le cerveau1 que le cœur. La question étant à chaque fois d’évaluer le bénéfice escompté.

Rappelons que les oméga-3 sont ce que l’on appelle les acides gras essentiels, des graisses, présentes dans les lipides de certains aliments comme les poissons gras de type sardines, maquereau, anchois, thon gras. Ils sont présents dans notre corps au niveau des membranes cellulaires. D’une façon générale, les oméga-3 agissent sur la capacité de la membrane à être plastique et à communiquer avec les autres cellules de l’organisme. La membrane est donc la zone d’échange entre deux cellules. Lorsque cette zone est de mauvaise qualité, par exemple à cause d’un déficit en oméga-3, alors le message transmis n’est pas bon, ce qui peut avoir des répercussions sur l’état de santé général de l’individu2.

Le but de l'étude GISSI-HF a été notamment d'évaluer l’effet présumé d’oméga-3 sur l’espérance de vie d’un insuffisant cardiaque de stade NYHA III à IV3. 6 975 patients insuffisants cardiaques et présentant des signes selon les critères NYHA3 on été recrutés. Ils ont été répartis en deux groupes : l’un sous supplémentation d’1 gramme par jour d’oméga-3 ; l’autre recevant seulement un placebo2. Après 4 ans, le risque relatif de mortalité et d'admission à l'hôpital pour raison cardiovasculaire a diminué de 9% pour le groupe sous oméga-3 par rapport au groupe contrôle sous placebo.

Concernant l’impact sur le cœur, l'essai GISSI-HF montre que les oméga-3 améliorent légèrement le pronostic des insuffisants cardiaques. L’efficacité des oméga 3 est considérée comme significative même si elle semble modérée. Le Pr Michel Komajda, cardiologue, précise à ce sujet : « Les bénéfices de cet apport sont modestes et n'apparaissent qu'assez lentement [2 ans dans l'étude], mais ils sont significatifs et donc ont leur importance, les médecins n'ayant que peu de nouvelles solutions pharmacologiques à offrir à leurs patients ».

1 voir l’interview du Dr Philippe Nuss, psychiatre : “ Oméga-3 : des acides gras essentiels... contre le stress ! ”
2 placebo : un médicament placebo permet une comparaison d’efficacité car il ne contient aucun composé chimique ayant une activité démontrée.
3 stades NYHA : la classification fonctionnelle de la New York Heart Association caractérise le stade d’insuffisance cardiaque par en classes de gravité de I à IV ; à paraître : la classification NYHA



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