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Mardi 29 septembre 2009

Comblement de rides : l'éclairage du Dr Quezel-Guerraz

ZeMedical – Acides hyaluroniques réticulés ou non (Mésolift), produits résorbables à court ou moyen terme, produits à longue durée (Radiesse, Remake)… : le succès des produits de comblement des rides et volumateurs ne s’est pas démenti ces 10 dernières années. Utilisés en une seule fois ou dans le cadre d’une prise en charge globale du visage, ces produits aux propriétés multiples permettent des injections sur mesure à tout âge avec une grande souplesse et des effets secondaires réduits. Avec un intérêt tout particulier pour la cible des 40-60 ans, période charnière où l’on pourra avoir une stratégie plus globale à long terme.

Encore faut-il que le patient puisse se repérer dans la multiplicité des techniques qui s’offrent à lui, ce qui passera nécessairement par son « éducation médicale », un comportement qui s'ancre en France avec l'avantage d'optimiser la prise en charge. Avec le Dr Jérôme Quezel-Guerraz, médecin esthétique, nous continuons notre tour d’horizon de la médecine esthétique avec les techniques volumatrices et de comblement des rides.

ZeMedical : En quoi consiste la technique de comblement des rides ?
Dr Jérôme Quezel-Guerraz : Cette technique intervient dans une double problématique : il y a à la fois la problématique des rides superficielles, c’est-à-dire les fractures cutanées, et la problématique des dépressions volumétriques sur lesquelles on va pouvoir injecter des produits de comblement. L'intervention de la médecine esthétique va consister soit dans la restitution des volumes initiaux soit dans le comblement d'une ride de manière classique au niveau des joues, de la lèvre supérieure ou à d’autres endroits du visage. Selon l’angle d’attaque, on va s’adresser à une catégorie de produits qui dans leur nature et dans leur structure sont relativement différents. La tendance est aux stratégies combinées : ainsi envisager des injections de Voluma pour les régions médio-centrales ou la zone sous orbitaire pour créer des pommettes, de l’acide hyaluronique réticulé pour la zone jugale, de l’acide hyaluronique non réticulé pour le traitement des rides superficielles.

ZeMedical : Quand ces techniques sont-elles apparues en médecine esthétique ? Quel recul a-t-on ?
Dr Jérôme Quezel-Guerraz : On est parti de la silicone, produit polyvalent avec lequel on pouvait à la fois combler les rides et faire des volumes. Ont suivi les produits à base de collagène d’origine animale sur lesquels il fallait pratiquer des tests car ils étaient potentiellement allergisants. Mais pour la première fois, on a pu alors s’attaquer à des rides plus superficielles qui demandent un travail plus en finesse. Les acides hyaluroniques sont arrivés ensuite. D’abord d’origine animale, ils ont présenté les mêmes risques d’allergie. Mais aussi un avantage de durabilité supérieure au collagène. En troisième génération, des produits de comblement définitifs sont apparus sur le marché. Très utilisés dans les années 90, ils ont généré de très graves problèmes, le principe étant d'introduire des bouts de plexiglas mis dans de l’acide hyaluronique ou dans du collagène qui produisaient des réactions à corps étranger. Le problème, c’est que ces produits ont été utilisés à tort et à travers et leur mauvais usage a provoqué des catastrophes, avec des gens défigurés.

ZeMedical : Quelle leçon en a-t-on tiré ? Où en est-on aujourd'hui ?
Docteur Jérôme Quezel-Guerraz : L’évolution actuelle, c’est d’avoir des produits résorbables soit à court terme soit à moyen terme aux indications plus larges. Schématiquement, pour le comblement des rides superficielles, on se tournera en priorité vers des acides hyaluroniques et pour les dépressions volumétriques plus importantes, on travaillera sur des produits à plus longue durée d’action. La tendance est de faire des acides hyaluroniques très réticulés (denses et visqueux) comme le Voluma. On peut également s'attaquer à des indications historiquement plus chirurgicale avec un produit comme le Macrolane (acide hyaluronique) avec lequel on peut refaire des mollets ou des seins. On peut donc aller sur des indications chirurgicales avec des produits résorbables. Toute une nouvelle génération de produits présente une double indication à la fois de restructuration volumétrique et de comblement des rides comme le Radiesse qui agit par "induction tissulaire". Le produit va se résorber dans le temps et donc la réaction inflammatoire créant le volume va disparaître. Un nouveau produit, le Remake, agit par la création de son propre volume et peut présenter un plus large éventail d’indications. On va pouvoir refaire des pommettes ou une bouche alors qu’avant cette indication était affiliée à l’acide hyaluronique. Des produits comme le Remake ou le Radiesse présentent des avantages économiques pour les patients compte tenu de leur durée d'action.

ZeMedical : Comment explique-t-on le succès de l'acide hyaluronique sur les autres produits ?
Dr Jérôme Quezel-Guerraz : L’acide hyaluronique existe d’abord à l’état naturel dans l’organisme. Les premiers acides hyaluroniques issus des biotechnologies (et par conséquent faiblement allergisants) fortement réticulés ont commencé à apparaître il y a environ six ans et c’est un produit techniquement facile à fabriquer. Du coup, il y a une promotion extrêmement vive faite auprès des médecins et du grand public. Ce n’est pas forcément le cas pour des produits plus difficiles à fabriquer faisant l’objet de brevet. Une autre donnée - plus polémique - est que le succès de l’acide hyaluronique vient également en partie des problèmes des effets de la silicone et du collagène d’origine animale, les produits phares de l’époque. Comme il ne restait sur le marché que des acides hyaluroniques issus des biotechnologies, ce fut l’explosion. Tout a concouru pour que l’acide hyaluronique devienne le produit standard, en tout cas en Europe. Aux Etats-Unis, il n’y a qu’une ou deux marques commercialisées. Aujourd’hui l’acide hyaluronique représente environ 80 % de part de marché. Je retiendrais à mon compte l'acide hyaluronique pour les rides superficielles. Et adopterais en complément de traitement des produits à durée de vie plus longue tels le Radiesse et le Remake en raison d'un meilleur rapport qualité prix.

 

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