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Lundi 14 décembre 2009

L'infection nosocomiale, l'injuste infection hospitalière

ZeMedical – L'OMS définit une infection nosocomiale - ou infection hospitalière - comme suit : "Infection acquise à l’hôpital par un patient admis pour une raison autre que cette infection". Infections urinaires, infections du site opératoire, pneumopathies et bactériémies (passage de bactéries dans le sang) sont les quatre principaux types d'infections que l'on est susceptible de contracter à l'hôpital quelle que soit la raison initiale de l'hospitalisation.

Le sujet brasse jusqu'à l'actualité médiatique. Citons le récent procès chargé d'émotion de la clinique du sport à propos de 58 personnes opérées des lombaires ou des cervicales dans les années 90. Elles ont contracté une redoutable mycobactérie qui provoque une maladie s'apparentant à une tuberculose osseuse. Et les expertises devant le tribunal montrent que quelques soignants n'ont pas été exempts de reproches en réutilisant du matériel à usage unique. Le cas de Johnny Hallyday a de quoi renforcer l’impact médiatique des infections nosocomiales. Les bulletins de santé du chanteur ont laissé peu de doutes sur l’infection faisant suite à une chirurgie de hernie discale. Parmi les causes les plus redoutées de l'état du patient médiatique : une bactérie contractée lors de l'intervention sur un disque vertébral. Le scénario explique principalement l'altération de son état général dans un contexte décrit par les observateurs comme "fragilisé et infectieux" justifiant entre autres un traitement antibiotique par perfusion. Aucune faute d’aseptie par le chirurgien et son équipe semble à dénoncer dans ce dernier cas, même si les conclusions d’experts reste à produire.

Il faut savoir que, de toutes les infections nosocomiales, celles contractées au bloc opératoire et lors les interventions ostéo-articulaires sont particulièrement redoutées des chirurgiens. Ainsi en France, 2 000 à 2 500 épisodes nosocomiaux de ce type seraient déplorés chaque année. Avec, dans le cas des infections prothétiques profondes (type prothèse de hanche), des séquelles qui se passent de commentaires : 50% des patients arrêteront leur activité professionnelle, 50% auront un arrêt de travail de deux ans. Au delà de toute célébrité du patient, l'émotion suscitée par l'infection nosocomiale est toujours intense et à la mesure de l'incompréhension : il est à tous inacceptable et illogique de se trouver dans un état plus grave qu’il n’aurait été sans le soin hospitalier. Avec comme conséquences des prises en charges potentiellement lourdes et prolongées, de risque d’incapacités de longue durée, et pour certains un décès. Ceci sans compter la charge financière à supporter par la communauté. Les infections liées aux soins de santé sont donc un problème majeur de sécurité pour le patient, aux causes multiples, liées à la fois à des systèmes, des procédures de soins et pratiques comportementales1 à revisiter.

Et pour revenir au cas du célèbre chanteur, cela atteste que l'infection nosocomiale ne frappe pas nécessairement des plateaux techniques insalubres. La clinique parisienne Monceau a une solide réputation. Le directeur de l'établissement se défend d'ailleurs à travers la dernière enquête française : première de sa catégorie l’année précédente, elle y figure en troisième place en 2009. Sauf à considérer que le classement ne vaut rien, cela désigne plus certainement d’assumer un risque infectieux permanent, par tous et en tout lieu. Si l’on exclue l’inacceptable faute technique, l’infection nosocomiale a une dépendance prioritaire à la “faute de chance”, à la rencontre de germes “hostiles”, développant leur résistance sous la pression d’antibiotiques difficilement évitables à l’hôpital. Elle a un impact particulier dans un contexte de chirurgie lourde, avec des tissus profonds et osseux exposés et se défendant mal de l’infection. L’infection nosocomiale répond à un contexte de promiscuité de personnes exposées, fragilisées, souvent âgées. Averti de cela, les soignants et établissements répondent à des critères stricts et encore inexistants il y a vingt ans. De gros efforts changent la réalité de l'infection nosocomiale années après années.

Dans le combat contre ce risque, la France se situe dans la bonne moyenne de l’Europe2 selon le ministère de la Santé. Et ne saurait s'en contenter considérant l'impact dramatique pour le patient autant que la valeur symbolique désastreuse pour les soignants.

1. Par exemple la transmission manuportée (par les mains) : elle constitue la première cause des infections associée aux soins. L’hygiène des mains, garantie notamment par l’utilisation des solutions hydro-alcooliques, constitue une règle d’or de la pratique médicale et soignante en milieu hospitalier.
2. La prévalence des patients concernés par ces infections nosocomiales serait de 4,97% en France, à comparer à un risque entre 4,9 et 8,5% en Europe.

Contenu validé par le comité scientifique.

Mis à jour le 25/08/2010

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Image : © US Navy / Wikimedia Commons

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